THE ALLIED SPECIAL FORCES MEMORIAL GROVE IS SITUATED WITHIN THE NATIONAL MEMORIAL ARBORETUM BY THE BANKS OF THE RIVER TAME
 THE ALLIED SPECIAL FORCES HISTORY

BRIGADE PIRON

 BRIGADE PIRON - FIRST BELGIUM INDEPENDANT BRIGADE

LE PREMIER GROUPEMENT BELGE

C'est à la fin de l'année 1942 que le ministre belge de la Défense nationale décide d'amalgamer infanterie, artillerie, blindés et génie en un groupe de combat homogène. Il devient le 1er Groupement Indépendant Belge sous le commandement du Major Jean Piron.

Sa composition en fait une formation non classique capable d'action rapide. Elle est largement motorisée et dispose d'une puissance feu supérieure à celle d'une unité d'infanterie de même taille. Elle est apte aussi bien au harcèlement qu'à la poursuite rapide.

Les Forces belges avaient été formées à Tenby, en l'été de 1940. Plus tard, le quartier-général et les unités d'entraînement furent envoyés à Leamington Spa où ils restèrent, les unités de combat étant dirigées vers le Pays de Galles pour séjourner à Chepstow, Crickowell, Llanelly, Carmarthen et Great Malvern avant d'être transférées en East Anglia, d'abord à Clacton-on-Sea où le 1er groupement fut formé, puis aux environ de Lowestoft.

Au cours des exercices effectués en grande ou petite formation avec des unités anglaises, le groupement belge fait preuve d'une grande endurance et est si bien apprécié par le commandement anglais qu'il est intégré au 21e Groupe d'armée lors de sa constitution.

En janvier 1944, le Groupement est envoyé à Ramsgate dans le Kent pour être entraîné aux opérations de débarquement. Ce qui ravive l'espoir après des mois d'attente. Le désappointement est d'autre plus vif lorsqu'il est envoyé dans la zone de Great Yarmouth et y reste, le 6 juin. Mais en juillet, il est envoyé dans la zone d'attente entre Cambridge et Newmarket.

FRANCE

Finalement le premier Groupement belge, comprenant trois unité motorisées indépendantes, un escadron blindé, un groupe d'artillerie, une compagnie de génie, des unités d'ambulances, de ravitaillement et de transport, est envoyé en Normandie où il débarque les 7 et 8 août à Courseulles (Arromanches). Il est transféré à la 6e Division aéroportée du 1er Groupe d'armée canadien, commandée par le général Gale et relève la 5e Brigade Commando sur la rive droite de l'Orne, secteur de Pegasus Bridge.

Depuis juin, l'ennemi avait eu le temps d'organiser sa défense dès son arrivée, le Groupement est pris sous d'intenses bombardements de mortier et d'artillerie. Il réagit bien et débute par une intense activité de patrouilles.

Le 17 août, la Division attaque. Le Groupement commence son avance vers Franceville en occupant le point fortifié du Moulin du Buisson après une forte préparation d'artillerie. Franceville est occupée dans la soirée. L'ennemi avait miné toutes les routes et les chemins et le Groupement perd beaucoup de temps à nettoyer tous ces obstacles.

Le 21, l'avance continue sans l'escadron blindé qui ne peut évoluer dans cette zone minée et est détaché à la 6e Division aéroportée (Recce). A11 h, Cabourg est pris mais tous les ponts sur la Dives ont été détruits. Alors que le génie, aidé par des civils, s'active à construire un pont de fortune, l'infanterie traverse sur un ponton improvisé prenant Houlgate et se dirigeant vers Auberville. C'est ici qu'un peloton, guidé par un officier de la résistance française tombe dans une embuscade, perdant six hommes dont l'officier précité. Dans la soirée, une seconde attaque de la 1e unité motorisée enlève les postes avancés de l'ennemi, avec l'appui de l'artillerie. Pendant la nuit, la défense est brisée et l'ennemi bat en retraite. A l'aube, l'avance reprend avec l'aide des blindés qui ont traversé la Dives. Ce jour-là, le 22, dans l'après-midi, Villers-sur-Mer est pris et sur sa lancée, le Groupement occupe Deauville dans la soirée et atteint la Touques. Le général Gale félicite le colonel Piron pour l'avance rapide de sa Brigade. Ici aussi les ponts sur la Touques ont été détruits et l'ennemi qui occupe les hauteurs de l'autre côté, tient les positions belges sous le feu de son artillerie.

Le 24, l'avance reprend, l'infanterie traversant la Touques sur un pont improvisé, sous le feu de l'ennemie, pendant que le génie construit un transbordeur avec le matériel apporté par les civils.

Bien que l'avance fut ralentie par les mines et les cratères bloquant la route côtière, le Groupement atteint Honfleur en fin de soirée, en avance de 8 km sur la Division (Oxfordshire and Buckinghamshire Regiment) qui l'occupe pendant la nuit. Le Groupement traverse la ville le lendemain matin. De l'autre côté de l'estuaire de la Seine, Le Havre est bien visible. Le matin du 26, les éléments avancés sont pris sous d'intenses feux d'artillerie depuis les hauteurs de Foulbecq de l'autre côté de la Risle. C'est ici que l'escadron blindé rejoint le Groupement après avoir rendu d'excellents services au régiment divisionnaire de reconnaissance, facilitant la prise de Pont-Audemer. Le Groupement se regroupe et passe sous le commandement de la 49e Division britannique, la 6e Division aéroportée rentrant en Angleterre, pour repos et réorganisation. Le générale Gale écrit au colonel Piron :

"It is with deep regret that your magnificent Brigade passes from my command. Your men have fought splendidly throughout this time, at Cabourg and in the subsequent advance. It has been an honour to have fought beside you. May God speed you in your advance to your gallant country."

Le 29 août, le Groupement procède à des opérations de nettoyage au sud de la Seine, dans la Forêt de Brotonne, où tant d'Allemands ont été pris au piège. Ensuite il reçoit l'ordre de traverser la Seine et d'investir le Havre. Un sous-officier belge traverse la Seine pendant la nuit et, avec l'aide de trois résistants, effectue une reconnaissance approfondie du terrain derrière les lignes ennemies. Il rentre la nuit suivante avec des informations de grande valeur. Le 31, le Groupement traverse la Seine. L'opération est malaisée car les transbordeurs sont difficiles à manœuvrer dans le courant rapide et le personnel manque d'expérience. Heureusement, la résistance allemande est faible. Lorsque les unités atteignent l'autre rive, elles se regroupent et marchent vers Le Havre.

BELGIQUE

Dans l'après-midi du 31 août, l'escadron blindé est déjà au contact de l'ennemi et les unités motorisées se préparent à l'attaque lorsque l'ordre est donné d'arrêter ces préparatifs et de quitter le front pour se diriger vers le nord en quittant la 49e Division.

Le 2 septembre, le colonel Piron est convoqué au quartier-générale du XXXe Corps à Beaumetz-les-Loges au sud-est d'Arras. Il laisse sa Brigade en plein mouvement et se présente au général Horrockx qui lui dit laconiquement :

"J'ai l'intention d'entrer à Bruxelles demain soir. Nos chars ouvriront la route et vous suivrez en éliminant toute résistance en cours de route."

Comme en un rêve, la marche vers la Belgique commence avec la Division des Guards. Les troupes n'avaient pas eu de repos depuis 2 jours, il n'y avait pas de cartes routières, il y avait peu de nourriture et l'essence devenait rare mais chacun avait retrouvé sa vigueur : on rentrait chez soi ! Et aucun véhicule ne tomba en panne, sauf d'essence.

Le 3 septembre à 16.36 h, le "command car" du colonel Piron traverse la frontière belge à Rongy, au sud de Tournai. Le générale de brigade Stainier de la 231e Brigade britannique lui serre la main, disant :

"Je suis heureux et fier de vous saluer au nom de l'armée britannique au moment où les troupes belges rentrent dans leur pays."

Le Groupement continue dans le sillage des chars des Guards, dépasse Ath et, en soirée, atteint Enghien, à 30 km environ de la capitale. A ce moment, les premiers chars des Welsh Guards atteignaient le centre de Bruxelles et y recevaient un accueil délirant.

Le 4 au matin, le colonel Piron contacte le bourgmestre de Bruxelles et lui annonce l'arrivée des forces belges. Et à 15.00 h, le générale Adair et un escadron blindé des Guards ouvrent la voie au colonel Piron et à sa brigade, victorieuse après quatre longues années. L'accueil de la population est un souvenir inoubliable. Un ou deux jours de permission sont accordés à ceux dont la famille se trouve en territoire libéré, ce qui n'est pas le cas pour tous en raison de l'avance plus rapide au centre du pays, pendant que le reste du Groupement participe à quelques opérations de nettoyage aux environs de Bruxelles.

Le 8, le maréchal Montgomery est reçu à l'Hotel de Ville de Bruxelles et y décore de nombreux officiers et soldats pour leur bravoure en Normandie. Il rassure le colonel Piron. Sa brigade ne sera pas laissée à l'arrière pour des missions de garde sans intérêt mais utilisée dans la suite des opérations.

Le 11 septembre, le Groupement quitte Bruxelles et est placé sous le commandement de la 8e Brigade blindée britannique avec l'ordre d'avancer vers la zone Bourg Léopold - Happen. Tôt dans la matinée, le canal Albert est traversé à Beringen, dans la tête de pont tenue par la Brigade néerlandaise Princesse Irène. A 17.00 h Bourg Léopold est atteint.

Entre le 12 et le 17 septembre, le Groupement avance lentement vers le nord-est. L'artillerie appuie une attaque de la division des Guards dans la région de Neerpelt. Le Groupement passe ensuite sous commandement du VIIIe Corps d'armée.

Le 18 septembre de nouveaux ordres sont reçus : "Une grande opération est en préparation. Le XXXe Corps avancera en Hollande dans la direction du Zuyderzee avec l'appui de nombreuses divisions aéroportées pendant que les Américains progresseront en direction de Cologne. Le VIII Corps se placera entre les deux groupes et avancera progressivement vers la Meuse. Le Groupement belge occupera la zone entre Peer et Bree. L'escadron blindé protègera la reconnaissance vers le canal (Canal de Campine qui longe la frontière belge entre Meuse et Escaut)."

Le 20, le Groupement occupe Kaulille, Bocholt et Bree et nettoie la rive sud du canal de Campine. Le 22, la 2e UM envoie une patrouille motorisée qui atteint Maaseik, 16 km à l'est, à 18.35h. Une patrouille de la 1e UM atteint le canal Willems-Sud.

Le 23, la 2e Um entre en contact avec les Américains à Maaseik.

Le 24, le Groupement reçoit l'ordre d'avancer vers le point de jonction du Zuid Willems Vaart et de la Meuse. Le génie construit un pont à Bree.

PAYS-BAS I

Au crépuscule du 25 septembre, la 1e UM est à Neeritter, la 2e UM occupe Thorn et la 3e est à Maaseik. Le Groupement est en Hollande.

Le 28, la 1e UM avance sur la gauche vers Hunsel et prend contact avec la 4e Brigade blindée britannique. Le Groupement passe alors sous le commandement du 1er Corps US et reçoit l'appui de blindés pour une attaque sur Wessem à la jonction du canal avec la Meuse en coordination avec une avance américaine vers Echt et Susterel à la frontière allemande. Les deux attaques échouent. La résistance allemande s'est remarquablement réorganisée dans la seconde moitié de septembre.

Du 4 au 26 octobre, le front reste figé, avec de nombreuses patrouilles de part et d'autre. Trois mois de pertes, morts et blessés, avaient considérablement affecté les rangs et le front de 18 km ne pouvait plus être tenu en ligne continue. Les postes avancés sont retirés et les forces rassemblées en points de défense autonomes. Le terrain entre ces points est patrouillé en permanence.

Le 27 octobre un puissant raid allemand sur les positions de la 3e UM est repoussé. Ils laissent 3 morts, 7 blessés et 27 prisonniers sur le terrain.

Le 31, le commandement du Groupement est informé par le VIIIe Corps qu'une attaque par deux divisions blindées et une division d'infanterie se prépare entre Weert et Wessem. La 53e Division Welsh et la 4e Brigade blindée arrivent de 's Hertogenbosch, le Groupement belge passant sous le commandement de la 53e Division qui le place entre Hussel et Elf et le remplace par la 71e Brigade britannique.

Le mouvement est terminé le 1er novembre et les patrouilles reprennent spécialement dans la tête de pont encore tenue par les Allemands sur la rive ouest du canal.

Le 11 novembre, le Groupement est chargé d'éliminer la tête de pont. L'attaque, menée par la 1e renforcée par des éléments de la 2e UM, est un succès complet malgré des pertes élevées.

Le 12 novembre, une attaque britannique de grande envergure enfonce les lignes et atteint les faubourgs de Roermond et de Venlo.

LA RELEVE

Le Groupement belge est relevé le 15 novembre et fait mouvement vers Louvain pour une période de repos et de réorganisation.

Le 20 décembre, le Groupement est transféré vers le sud-ouest d'Anvers et prend ses quartiers dans le triangle St Nicolas - Hamme - Tamise. Sa structure inhabituelle, en avance sur son temps, est abandonnée et le Groupement devient une Brigade d'infanterie classique.

L'escadron blindé devient le noyau du 1er Régiment blindé de la nouvelle armée belge. De même le groupe d'artillerie devient le noyau de nouveau 1er Régiment d'artillerie. Les trois unités motorisées par les volontaires, deviennent des bataillons. Après une instruction rapide de ces hommes suivie par un entraînement à tous les niveaux la brigade est prête fin mars 1945.

PAYS-BAS II

Les 1er et 3e bataillons font mouvement vers la région de Nimègue et passent sous le commandement de la 51e Division blindée canadienne. Le 2e bataillon est engagé séparément et rejoindra la Brigade seulement après la victoire.

Les 1er et 3e bataillons prennent position au sud du Waal alors que la division canadienne fait face à l'ouest sur la rive nord, formant une angle droit avec les Belges. Les Canadiens préparaient une attaque vers l'ouest et les Belges s'entraînaient à l'arrière avec les barges d'assaut récemment acquisses. Le 12 avril, le projet d'attaque est abandonné. Les deux bataillons prennent en charge le secteur canadien sur le rive nord du Waal, entre Waal et Lek (branche nord du Rhin). Tout avait été détruit pendant les durs combats de l'automne (opération d'Arnhem) et de l'hiver précédent, le pays était inondé et largement miné.

Le 18 avril, le 1er bataillon attaque à droite et libère Opheusden sur la gauche, le 3e bataillon occupe la position fortifiée d'Eldiksenhoek mais n'atteint pas son objectif : Ochten. Les deux bataillons sont stoppés par la ligne Grebbe construite en 1939 par les Hollandais et renforcée par les Allemands pendant l'hiver. Sur la rive nord du Lek, la 49e Division britannique attaque à l'ouest pour appuyer l'avance belge mais ne dépasse pas Wageningen, en retrait sur la ligne belge.

Entre le 19 et le 25 avril, la situation reste inchangée : activités de patrouilles et bombardements.

Le 26 avril, toute action offensive est stoppée pour négocier l'envoi de vivres et de médicaments à la population civile du nord.

Le 6 mai, un "cesser-le-feu" est ordonné.

Le 8 mai, les deux bataillons font mouvement de 40 km vers l'ouest vers Culemborg et Leerdam pour désarmer la 386e Division et la 20e Brigade allemandes. Le 10 mai, le générale Filippi commandant la 361e Division allemande arrive au point de rassemblement et passe sous une banderole portant l'inscription "10 MAI 1940 - 10 MAI 1945".

Le 2e bataillon, quant à lui, avait fait mouvement ver l'île de Walcheren, le 10 avril, y relevant la Brigade néerlandaise Princesse Irène mais étant ensuite ramené sur le front de la Meuse au nord de Tilburg le 15 avril pour y relever le 48e Commando. Il passe à ce moment sous le commandement de la 17e Brigade blindée. Dans la soirée du 22 avril, une patrouille offensive traverse la Meuse pour reconnaître les positions allemandes, l'ennemi étant étrangement calme. Elle rencontre une forte résistance allemande et regagne nos lignes non sans lourdes pertes. Le 1er mai, toute opération offensive est arrêtée pour permettre à l'aide humanitaire de passer et le 5 mai arrive l'ordre de cesser le feu.

ALLEMAGNE

Le 16 mai, les trois bataillons font mouvement vers l'Allemagne pour occuper la zone de Ludenscheid près de Munster.

En reconnaissance de ses faits d'armes, la Brigade devenue la Brigade d'Infanterie "Libération" a été autorisée à inscrire les citations Normandie et Canal de Wessem sur son drapeau. En plus, elle a reçu les croix de guerre belge et française.

Extrait du livre: BELGIAN FORCES IN UNITED KINGDOM du COMITE 44-94